Galerie Le Granit - Scène Nationale de Belfort
6 mai au 20 juin 2011
Le Granit et la Savoureuse, -le Théâtre et la rivière-, un titre qui semble sonner comme la promesse d’une fable ébauchée par Julie Legrand lors de sa première venue à Belfort : Une rêverie autour de la pierre et du verre, de l’immobile et du sensuel, de la perma- nence et du traversant. « La question de l’échelle, du grand au petit, du simple au démultiplié. La question de l’exposant en somme, celle de la couleur - les rouges, roses, les violets les prunes les parmes, l’inté- rieur de la bouche, les oranges les tendres - et celle du souffle, de l’abandon et de la satiété »
Au fil des mois, en parallèle de projets d’exposition (multiples)
qu’elle a menés, son projet d’installation à la Galerie a continué
à se structurer mentalement, sensoriel- lement, sensiblement –sans
que rien ou presque ne nous parvienne– comme si un secret était à
garder, à préserver, comme si les doutes, les questions ne pouvaient
se partager au fil des jours. Absente, Julie – Que fait donc Julie
Legrand ? Elle travaille. A quoi rêve t-elle ? à la transparence,
aux reflets, à la couleur, aux deux conjuguées. Où voyage-t-elle ?
Quelles traver-sées de quels paysages ? Julie travaille. Elle collecte,
sculpte, assemble, fabrique, emboîte les matériaux les plus divers et
hétéroclites –fils, liens, silicone, verre, éponge pierre, rubans, miroirs,
tuyaux, pierres...– pour réaliser des pièces aussi fragiles qu’imposantes
qui nécessitent toujours une élaboration de longue haleine, minutieuse,
exigeante, autant dans l’atelier qu’au montage –une pièce n’a-t-elle pas
pour titre Jamais finie–.
Dans le travail de Julie Legrand, si le corps n’est que très rarement
représenté, il demeure cependant prégnant dans ses matières, ses flux, ses
blessures, ses sensualités, ses cicatrices, ses mémoires, évoqué dans ses
structures et fonctionnements. L’architecture traversée comme un corps, par
la question du souffle sans cesse -une tension corporelle et mentale constantes,
dans les procédés, les rencontres et les interactions en même temps qu’une joyeuse
et extrême incongruité au centre de «l’île».
Monique Chiron

Et quand je l'ai arraché, c'est toute la vie qui est venue avec, 5,5m, verre filé rouge non recuit
Portrait au tabouret, fauteuil Tam Tam, éponge, verre transparent et verre filé noirBuller enfin, Vase, pierre et verre soufflé
Au plafond : Début de La marelle, tuyau PE et dibbon mirroir
Zone des pierres : Résurgences noires, pierres, verre soufflé, tuyaux plastique, miroir
Vases communicants a été réalisée à l'occasion
d'une commande par le Fonds d'Art Contemporain de
la ville de Gentilly. Il s'agit d'une oeuvre installée
de façon pérenne, qui articule les
espaces d'entrée et d'accueil de la médiathèque.
Vases Communicants joue avec l'architecture
conçue par le cabinet parisien Richard et Schoeller,
ses volumes et ses espaces en plateau. L'installation
de Julie Legrand fait écho de manière renversante aux
échanges de savoirs favorisés par la médiathèque tout
en s'inspirant de la thématique de l'eau et du flux,
liée au passage de La Bièvre sous le bâtiment.
Cette oeuvre a été commandée à Julie Legrand suite
à l'exposition "Sens dessus dessous" réalisée en
2009 au service culturel de Gentilly.